Star Wars Reloaded

Les coulisses de Star Wars 7, imaginées de manière décalée (et sans SPOILER). Toute ressemblance avec des faits réels ne serait que purement fortuite.

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J.J. Abrams avait la lourde tâche de réaliser le septième opus de la trilogie galactique la plus célèbre de la planète. Ne pouvant assumer toutes les tâches, il avait recruté Michael Arndt pour l’élaboration du scénario. Ce dernier préféra l’isolement à l’effervescence d’Hollywood pour accomplir son travail dans les meilleures conditions. Une propriété dans les Rocheuses, coupée du monde et de la chaleur de la Californie et ayant comme unique attache, une ligne téléphonique et un modem 56K d’un autre temps, bien loin des antennes mobiles et autres relais WIFI. De toute manière, le rude climat de la localité ne se prêtait guère à ces technologies.
Le téléphone sonna.
— Bonjour J.J. !
— Bonjour Mike ! Le script avance ?
— Oui ! Très bien ! Je peaufine les derniers détails. Tu le recevras par e-mail, sans faute ce soir.
— Parfait ! Je vais pouvoir lancer les castings.
— Comment ça se passe de ton côté ?
— Les anciens sont dans les starting-blocks. Ils sont très impatients.
— Excellent ! J’ai prévu de faire la part belle à beaucoup d’entre eux.
— C’est une bonne chose, mais n’oublie pas qu’il te faut intégrer de nouveaux protagonistes. Tu connais les Studios.
— Oui, je m’en doutais. Ils veulent accrocher un nouveau public.
Le soir arrivant, Michael transmit son travail à son employeur, non sans difficulté. Son vieux modem  peinait à se connecter à l’un des rares serveurs d’accès distants de son opérateur téléphonique. Il finit par y arriver, malheureusement la qualité de la ligne ne lui permettait qu’un débit à 28kbits/s. Une vitesse bien ridicule à l’ère de la fibre. L’envoi de son scénario par mail ne fut donc pas instantané, mais Michael avait pris l’habitude de prendre son mal en patience et en profita pour se préparer un bourbon. Il s’affala sur son vieux canapé dans le grand salon et sirota sa boisson tranquillement en se réchauffant devant la cheminée.
Le téléphone sonna.
— Bonsoir J.J. !
— Bonsoir Mike !
La voix de son interlocuteur était hésitante :
— Je suis un peu ennuyé.
— Comment ça ! Le scénario ne te plaît pas ?
— Non ! Bien au contraire, mais tu connais les Studios.
— Bien sûr ! Ça m’aurait étonné de la part de Disney !
— Ils n’aiment pas trop ton approche. Ils cherchent un truc plus consensuel qui touche les fans de la première heure, autant que la nouvelle clientèle.
— No problemo ! Je me remets au boulot !
Michael se prépara rapidement de quoi dîner et finit la soirée à réfléchir à un nouvel angle d’approche.
La journée suivante se passa sans encombre. Michael travaillait d’arrache-pied. Il profita d’une accalmie pour aller couper un peu de bois pour tenir le reste de la semaine. Cette activité lui fit office de pause, lui permettant de sortir de l’Univers Star Wars, le temps de quelques bûches.
Le téléphone sonna.
Le montagnard accourut dans la maison et se jeta sur le combiné de téléphone.
— Bonjour J.J. !
— Ah non ! Désolé c’est Mark Hamill !
— Salut, fit le scénariste étonné.
— Excuse-moi de te déranger.
— C’est pas grave. Tu as quelque chose à me demander ?
— Euh… ! J’ai juste une petite inquiétude.
— Sur ton rôle ? T’as pas de soucis à te faire.
— Merci ! Tu me rassures. Bonne soirée !
Le scénariste raccrocha et sortit finir de couper son bois de chauffage. La soirée se déroula sans souci pendant l’écriture de la nouvelle mouture du scénario.
Le téléphone sonna.
— Bonsoir ! fit Michael.
— Bonsoir ! C’est Mark ! Excuse-moi de t’ennuyer.
— C’est pas grave. Tu as encore quelque chose à me demander ?
Michael sentit un blanc au bout du fil.
— Je m’inquiète sur la façon dont je pourrais mourir. Je n’ai pas envie de finir comme Alec Guiness…
— En rideau de douche ! Je comprends. Je pense que J.J. a dû mettre le paquet sur les effets spéciaux. Tu ne risques rien. Mais je te rappelle que je n’ai pas fini d’écrire le scénario. Par conséquent, ta mort n’est pas forcément dans les tuyaux.
— Ah oui ! C’est vrai. J’ai tendance à prendre un peu trop à cœur mon retour sur le grand écran. Cela me fait des poussées d’angoisse.
— Peut-être, mais cela ne me regarde pas. Tu devrais plutôt prendre des anxiolytiques ou voir un psychanalyste.
— Tu as raison. Merci Mike.
— Je peux y retourner ?
— À l’écriture du script ? Bien sûr !
Michael se replongea dans son travail.
Le téléphone sonna.
— Oui Mark ! fit Michael agacé.
— Euh… Bonsoir ! Excuse-moi de t’ennuyer à nouveau.
— Mouais… !
— J’ai des soucis de dos. Te serait-il possible de m’éviter les combats ?
— Ça doit pouvoir s’arranger avec des effets spéciaux. Mais je te conseille plutôt de prendre rendez-vous avec un ostéopathe.
— Tu as raison. Merci Mike.
— Mais au fait ! Comment connais-tu mon numéro ?
L’interprète de Luke Skywalker raccrocha précipitamment.
Michael était agacé par ces intrusions. Il s’équipa chaudement pour sortir faire un tour. Le panorama de la montagne l’aiderait à se détendre.
Le téléphone sonna.
— Merde Mark ! Tu fais chier, s’énerva le scénariste.
— Du calme, Mike ! C’est J.J. Je venais aux nouvelles.
La voix du montagnard baissa d’un ton :
— Désolé, J.J. ! J’ai Mark qui n’arrête pas de me harceler.
— Ne m’en parle pas. Il est insupportable avec moi aussi.
— Peut-être que pour son bien, on devrait le sortir du casting ? glissa le scénariste avec malice.
— T’es vache Michael, fit J.J. faussement outré.
— De toute façon, en tant que réalisateur c’est toi qui décides.
— Ah non ! Sur ce coup-là, je te laisse faire. J’ai déjà Harrison à gérer. Un vrai gamin celui-là.
— Tu veux que je lui fasse une crasse à lui aussi.
— Déconne pas, c’est le seul acteur bankable de la saga.
— Je plaisante, mec !
— A très vite !
Les deux hommes se séparèrent.
Michael n’arrivait pas à dormir en raison de toutes les péripéties de la journée. Il décida de mettre les bouchées doubles sur le script. Il travailla tout la nuit, cafetière tournant à plein régime. Au petit matin, il fût  satisfait du résultat qui s’empressa d’envoyer au réalisateur.
Croulant sous la fatigue, Michael passa le reste de la journée à dormir.
Le téléphone sonna.
Le scénariste mit du temps à émerger de son sommeil. Il faillit rater le coup de fil.
— Bonjour J.J.
— Bonjour Mike ! Tu as l’air dans les vapes.
— J’ai passé la journée à dormir.
— Ah ! Du coup, tu n’as pas dû voir la demande des Studios.
— Attends ! Je vais rallumer mon ordinateur.
Il se passa plusieurs minutes avant que Michael reprit son interlocuteur au téléphone. Il était comme une furie.
— Vous vous foutez de moi ?
— Désolé Mike ! Je suis autant ennuyé que toi.
— Tout ce que j’ai fait n’a servi à rien. Je dois encore tout réécrire ! Ça sera tout ?
— En fait non, fit J.J. un peu gêné.
— Quoi !
— Tu pourrais terminer le scénario pour demain ? Volonté des Studios.
— Il n’en est pas question ! Démerdez-vous avec ce que j’ai fait !
Michael raccrocha violemment.
Le téléphone se remit à sonner presque aussitôt.
Le scénariste excédé arracha le fil du téléphone. Le silence se fit entendre.
J.J. Abrams se retrouvait bien embarrassé. Il était sous pression et le pétage de câble de son scénariste n’arrangeait rien. Il espérait bien passer à la réalisation au plus vite, afin de répondre aux exigences de Disney. Il n’avait donc pas le temps d’aller s’expliquer personnellement avec son employé dans sa résidence isolée au cœur des montagnes enneigées. Le délai des Studios l’incita à trouver une autre solution. Heureusement, il avait eu la présence d’esprit d’impliquer dans la production l’un des scénaristes des précédents opus, Laurence Kasdan. Ce dernier l’aida à corriger le travail de Michael Arndt, non sans difficulté. Celui-ci avait laissé libre cours à son imagination et ainsi jalonné son script de séquences qui allaient peu dans le sens commercial de Disney. Laurence fut obligé de chercher des sources d’inspiration dans ses anciens scripts.
Le résultat final laissa perplexe les deux hommes :
— Tu crois que cela va se voir ? demanda Laurence.
— Que plusieurs scènes ont été repompées ? … C’est sûr !
— Faut dire que l’autre connard ne nous a pas laissé vraiment le choix.
— Espérons que l’on passera entre les gouttes des critiques des fans.

Quelques jours plus tard, aux Studios Disney…

J.J. Abrams pénétra dans la salle de conférence, accompagné de son scénariste de secours, Laurence Kasdan. L’ensemble de l’équipe technique et des acteurs les attendaient, non sans impatience ; les plus anciens amusaient la galerie en rejouant les scènes des précédents opus de manière grotesque. L’ambiance était détendue et l’arrivée du réalisateur et du scénariste passa totalement inaperçue. Seul John Boyega, placé près de la porte, essaya d’avertir les éléments perturbateurs en faisant des signes.
— Ce n’est rien, rassura J.J.
L’arrivée des deux hommes fut enfin remarquée et l’ambiance joyeuse s’estompa. Les personnes présentes se rasseyaient au fur et à mesure, autour de la grande table centrale, à l’exception d’Harrison Ford, qui n’avait toujours pas fait attention aux deux nouveaux entrants, arrivés dans son dos.
Le scénariste lui tapota sur l’épaule :
— Harrison !
Le pilote du Faucon Millenium se retourna avec un léger sourire.
— Hey ! Lolo ! s’exclama l’acteur avec camaraderie.
— Je vois que tu as toujours la patate, fit Laurence Kasdan.
— Je n’aime pas attendre à rien faire. Tu me connais bien, finit-il à dire avant d’aller s’asseoir.
Quand le calme fut enfin revenu, J.J. prit la parole :
— Bonjour à tous. Ici débute la nouvelle trilogie de la franchise Star Wars. À mes côtés, je ne vous présente plus Laurence Kasdan. Certains d’entre vous le connaissent que trop bien, rajouta-t-il en faisant un clin d’œil à Harrison Ford.
Il poursuivit :
— Vous avez déjà reçu vos scripts. Je compte sur vous à présent.
L’assemblée trépigna de joie, à l’exception de Mark Hamill, plus discret.
— Vous avez des questions ?
Daisy Riley leva timidement la main avant de se raviser.
Le réalisateur claqua des mains avant d’annoncer :
— Bon ! On y va. Que la saga recommence !
La porte de la salle fut prise d’assaut. Les plus jeunes cherchaient à sortir au plus vite. Les anciens n’étaient pas pressés, bien au contraire ; Harrison faisant preuve d’une certaine élégance, en laissant passer les femmes. Quand vint le tour de son comparse et interprète de Chewbacca, les deux hommes se renvoyèrent plusieurs fois la politesse et bloquèrent ainsi la sortie pendant plusieurs minutes. Personne ne broncha à la vue du colosse, préférant prendre leur mal en patience et sourire de la situation.
Mark Hamill fermait la marche. Il éteignit les lumières en sortant de la salle.


Crédit Photo : Keyser94 / CC BY 3.0

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