Who else ?

Un petit délire agrémenté de références populaires et d’un hommage.

PDF | ePub | Mobipocket

Fred sortit de la discothèque « le Xénon » autour des cinq heures du matin. La fatigue se faisait sentir, ainsi que le froid en ce début d’année 2016. Il se dirigea vers sa voiture, une bonne vieille Citroën, offerte par ses parents. Cette AX K-Way lui rendait bien des services malgré ses nombreux grincements et ses flaques d’huile, qui aimaient joncher amoureusement le sol.
Une fois à l’intérieur, il inséra la clé de contact et cumula les jurons pendant qu’il tentait de démarrer, en jouant sur le starter à plusieurs reprises.
— Putain de voiture !
La courroie fit un petit couinement strident et le moteur se mit enfin à tourner. Le jeune homme laissa sa voiture chauffer, pendant qu’il grattait le givre au moyen de sa carte vitale. Une fois la tâche terminée, il rentra vite dans l’habitacle. Il se mit à la recherche d’un album de circonstance, pour rester réveillé les quelques kilomètres, qui le séparaient du domicile de ses parents. Il ne trouva malheureusement aucun mix de techno. Sa seule trouvaille était un CD partiellement rayé des Fatals Picards et égaré dans un vide-poche (un oubli de son père très probablement). Il le chargea dans le lecteur et le parcourut à la recherche d’une chanson rythmée.

« La calandre est super enfoncée
et la peinture a bien morflé… »

La sortie du parking s’effectua sans souci, malgré quelques énervés de l’accélérateur un peu trop alcoolisés. Il jugea bon d’effectuer un petit détour par un chemin de son cru, afin d’éviter les contrôles de Police indiqués par son application de navigation GPS.

« Je me revois bien sortir de la boîte,
après sur la p’tite route, je déboîte,
j’ai vu déboulé le lapin… »

Fred écrasa la pédale de frein sous le coup de la frayeur :
— Putain ! C’est quoi cette merde !
Il fit ce qu’il put pour éviter l’obstacle devant lui, ressemblant fortement à une cabine téléphonique. Malheureusement sa bonne vieille AX ne possédait pas la meilleure tenue route sur route glissante.

« Comment je m’ai mangé le rebord
et le rail de sécurité… »

Le jeune homme racla toute l’aile gauche de sa Citroën sur l’obstacle et finit sa course dans le fossé. Il se cogna la tête contre le montant de la portière suite à l’arrêt brutal de son véhicule. Il avait l’arcade gauche en sang.
A l’extérieur du véhicule, une silhouette sombre apparut à proximité de l’obstacle. La forme bougea et Fred put discerner une lumière jaillir d’une extrémité en forme de doigt.
— Merde ! C’est un E.T. !
Elle commença à s’approcher du véhicule accidenté et le jeune homme se mit sérieusement à paniquer. Il essayait de déboucler sa ceinture avec frénésie, pendant que cette entité s’approchait de lui.
Fred changea d’attitude quand il put distinguer une apparence humaine.
— À l’aide ! La portière est coincée !
L’autre homme fit une manœuvre de crochetage avec un objet en forme de stylo muni d’un capuchon lumineux, celui-là même qu’il avait confondu avec l’index d’un personnage d’extra-terrestre connu. La portière céda sans difficulté.
— Bonjour ! Je suis le Docteur !
— Vous tombez bien. Je suis mal en point.
Son interlocuteur aida le jeune homme à s’extraire du véhicule et quitter le fossé.
— Je vous remercie de votre aide. Il faut maintenant que j’aille à l’hôpital.
L’homme fixa un appareil sur son poignet :
— Je dois vous quitter ! J’ai une urgence planétaire.
— Quoi ?
— Ne vous inquiétez pas, une voiture va bientôt arriver.
Un homme en scaphandre entra dans le champ de vision du blessé. Il s’approcha des deux autres.
— Je vous laisse attendre les secours avec le Major, rajouta le Docteur d’un ton rassurant.
— Un ami à vous ?
— Non ! Un voyageur égaré !
Ce dernier s’approcha de l’astronaute :
— Tu es enfin rentré chez toi, Tom ! Prends bien soin de toi.
Le Docteur hâta le pas en direction du mobilier urbain, lui faisant office de vaisseau. Il mit peu de temps à quitter les lieux, en disparaissant de la même manière qu’il était apparu (au milieu de la route).
Après son départ, Fred chercha à entretenir la conversation avec le voyageur spatial. Il n’eut aucune réponse de sa part ; l’astronaute passant son temps à murmurer dans son casque, à la manière d’un pilote conversant avec sa tour de contrôle.
La solitude de Fred fut vite rompue par l’approche d’une berline, qui ralentit en voyant l’accident, pour finir par se garer à proximité d’eux.
Un homme en sortit et s’approcha.
— J’ai besoin de soins, insista le blessé.
L’homme accéléra le pas, permettant à Fred de mieux discerner le visage de son sauveur.
— Mais ! Mais ! Vous ressemblez au Nazi dans…
— Voulez-vous que je vous raconte une histoire vraie d’exploits clashesques ! fit ce dernier avec une pointe d’accent germanique.

Fred se réveilla en criant sur le canapé du salon familiale. Sa mère déboula dans la pièce, inquiète. Ses traits ne mirent pas longtemps à s’adoucir, quand elle en comprit la raison :
— Chéri ! Tu t’es encore endormi devant la télé ? soupira-t-elle.

Bonus

Crédit Image : Toonvailo / CC BY-NC-ND 3.0

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s